Jour 55 - Bakı (Azerbaïdjan)

Publié le 17 Avril 2013

Jour 55 - Bakı (Azerbaïdjan)

Balayée sans relâche par des courants d'air tourbillonnants, Bakou ne mérite pas seulement son surnom de "ville des vents". La capitale de l'Azerbaidjan, plantée comme un derrick au milieu d'un semi-desert aride et ocre, a aussi été élue deuxième métropole la plus ennuyeuse du monde en 2007 par un journal anglais. Depuis six ans, les choses n'ont pas l'air de s'être beaucoup améliorées. Déjà, la sensation de liberté et de chaleur humaine qui transpire d'une manière générale a l'ombre du Caucase semble s'être évaporée avec les embruns de la Caspienne sous les gerbes d'or noir qui jaillissent, a l'horizon, des champs pétrolifères. Ici, tout sent le fric. Sauf le fric, qui sent l'essence.

Fatalement, le joyeux bordel organise des contreforts de l'Orient a été, avec le plus grand soin, cantonne aux frontières de cette cite-vitrine par les autorités. Dans ce temple du moteur a explosion, traverser en dehors des clous peut vous valoir d'être confronte aux policiers, omniprésents. Tout comme photographier un bâtiment officiel. Des hordes d'esclaves locaux sont par ailleurs réquisitionnés pour balayer les rues, astiquer les escalators ou... serpiller les trottoirs. Et, suprême non-sens au pays de la nicotine, nous avons même découvert quelques restaurants non-fumeurs ! Autant de règles draconiennes qui - est-ce utile de le préciser - feraient s'étouffer avec son kebab n'importe quel Azeri de province, dans ce royaume qui ne dit pas son nom (contrairement a celui de la famille présidentielle affiche tous les dix mètres).

Bon vent, mauvaise mer

Mais les Français, Anglais ou Américains qui peuplent les grandes tours vitrées et dont le 4x4 avec chauffeur est gracieusement fourni par leur compagnie pétrolière, paraissent facilement s'enaccommoder. Nous, un poil moins. Il faut dire que le reste de ce pittoresque territoire, de ces petits villages accueillants aux bazars délabrés, immenses lacs sales ou minuscules volcans de boue, de ces routes cabossées peuplées de moutons aux sérénades des chacals dans les vallées, ont été jusqu'alors autant de petits plaisirs sur le chemin de Bakou. Ville dont il faut maintenant s'accommoder bon gré mal gré, toujours dans l'attente que nous sommes du visa ouzbek et d'un départ de ferry pour le Kazakhstan. Alors nous puisons sans hâte dans les richesses historiques du vieux quartier (comme neuf) et dans les tréfonds de notre curiosité pour occuper nos journées, trouver des prétextes a d'interminables balades, comme la quête d'un roman d'occasion en français ou d'un jeu de backgammon a emporter.

Les rencontres avec les voyageurs, comme nous en transit pour l'Asie, restent pour autant nombreuses et passionnantes. Néo-zélandais, Coréens, Polonais, Anglais (ainsi que notre fidèle cycliste suisse)... sont désormais nos compagnons d'apéritif et de de dortoir. Rares sont les bonnes nuits de sommeil dans ces "auberges-sac-plastique" (dixit un habitue de ces hôtels du pauvre, "il y en a toujours un pour ouvrir une poche au milieu de la nuit"), du reste invariablement envahies par les ronflements d'un routard en léger sur-poids. Mais Bakou - si vous me permettez ce mauvais jeu de mot - n'étant guère bon marche, n'importe quelle chambre-double exploserait autrement notre budget.

Les contacts avec l'autochtone, eux, se sont par contre raréfiés. Et quand la chance nous autorise une conversation, il devient difficile de rester sourd a la mélancolie qui émane de leurs propos, sous-entendus sur les privations de liberté, le poids des traditions qui veulent, par exemple, que les femmes restent absentes du paysage pendant que les hommes dissertent sans fin autour d'un thé, sur les richesses inégalement partagées ou tout simplement accaparées par les grandes compagnies étrangères. Hugo Chavez aurait eu ici du pain sur la planche. RIP minot.

Quant a notre appareillage pour Aktau, ou nous attend notre premier coachsurfer, le mystère le plus opaque plane toujours sur les détails du voyage. Tout juste avons-nous pu découvrir que ce bateau emportera un train en plus de nos bagages et de nos provisions pour trois jours, qu'il n'est possible d'acheter les billets qu'a une babouchka inamicale le jour même du départ et que celui-ci demeure indéterminé. Et pour cause : le ferry ne peut prendre la mer qu'une fois plein et, jamais, o grand jamais, par grand vent. Le dernier a s'y être risque a coule corps et biens en 2005 ; ce genre de vieille coque soviétique étant fort peu adaptee aux grandes traversées. Histoire de s'occuper, nous filons donc, de ce pas pas presse, nous acheter une paire de bouées.

Jour 55 - Bakı (Azerbaïdjan)
Jour 55 - Bakı (Azerbaïdjan)
Jour 55 - Bakı (Azerbaïdjan)
Jour 55 - Bakı (Azerbaïdjan)
Jour 55 - Bakı (Azerbaïdjan)

Rédigé par Julie et Matthieu

Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article
J
Nous aussi ont part en voyage direction le sud ...... de la France avec Pépé et Madile <br /> A nous l'aventure......
Répondre
M
Eh oui je sais, Madile m'a dit ! Mangez pas trop de Haribo les ptits monstres ! Profitez-bien. Gros bisous
M
Visas ouzbeks en poche. Reste plus qu'a choper ce p.... de ferry
Répondre