Publié le 9 Août 2013

Jour 170 - 北京 (Chine)

Ches si levo de Touloun, se levo de la raisoun

A quelques heures du retour, reconnaissons que nous n'avons que trop peu compris des etendues traverses, pas assez partage avec leurs habitants et, evidemment, rien change a rien de leurs situations parfois si difficiles et emouvantes. La Grece tire la langue, la Turquie bouillonne sous son baillon, la Georgie resiste et tente de se construire un futur fragile, l'Azerbaidjan serre les dents quand on lui serre la vis. L'Asie centrale, elle, s'enfonce chaque jour un peu plus loin dans la depression post-sovietique - le syndrome de Stockholm ? - et sa formidable culture se delite dans l'indifference quasi-generale. Que faire, comme dirait Leni... comme dirait l'autre.

S'ouvrir, decouvrir, discuter sans doute. Toucher, entrevoir, imaginer. Regarder, en prendre plein les yeux. Et la, que de merveilles admirees les amis, que de fabuleuses rencontres ou seul un regard pouvait parfois se permettre de parler. Que d'emotions, certaines a retardements, nous agitent aujourd'hui, comme le monde que nous avons effleure d'un pas leger, si leger.

Alors certes, nous aurions aussi pu traverser l'Iran, toujours decrit comme un havre d'hospitalite, passer le col du Khunjerab vers le Pakistan pour emprunter le joyau des routes d'Asie centrale, explorer les mythiques confins de l'Anatolie, decouvrir la demesuree Astana au milieu du desert kazakh, nous enfoncer sur les pistes enneigees du Caucase ou silloner les contours sureleves du Tadjikistan. Nous aurions pu suivre chacun des conseils passionnes et avises des baroudeurs croises sur les chemins. Nous aurions pu faire un tout autre voyage. Mais celui-ci a ete merveilleux : c'etait notre voyage.

Greetings

Merci a tous ceux qui ont suivi ce blog, a ceux que nous avons du faire raler avec nos mauvaises blagues ou notre manque de serieux devant - parfois - des constats amers qui meriteraient un geste fort plutot qu'un regard leger. Ce n'etait qu'une protection, assurement. Merci a vous, famille, amis, que nous nous appretons a revoir avec un vrai enthousiasme.


Merci a ces voyageurs aussi, qui ont partage notre quotidien, nos desordres intestinaux, nos coups de coeur et nos coups de gueule. Merci evidemment a Pascal (SUI), JD et Faustine (FR) pour tout, et surtout pour nous etre devenus des etres chers. Merci a Dag (NOR) pour son bavardage fatiguant mais sa sympathie, a Igor et Sacha (UKR) pour leur enthousiasme contagieux, a Trevor (UK) pour ses bons tuyaux, a Jasmin et Chris (ALL), les Pantani de l'asphalte. Merci a Jean-Lou et Brigitte (FRA) pour nous avait fait voyager sans bouger nos fesses de la touffeur de Tashkent, a Ernest (USA) pour son humour decapant, a Yann (AUS) pour ses lecons de vie, a Serguei (RUS) pour son cours d'autostop, a Emilien et Marie (FR) pour les parties de carte et les supers moments passes en leur compagnie.


Merci au Canadien d'Aktau pour nous avoir permis de raconter a tout le monde sa semaine de loose sur la Caspienne (et nous avoir donne le Rough Guide China). Merci a Annabelle et Jean-Tristan (FR) les relous de Gori, a l'insupportable Valerie, a la "French Radio", pour nous avoir pousse un temps, excedes, a fuir comme la peste nos compatriotes. Merci a Paolo (IT) pour nous avoir aide a prendre in extremis notre premier ferry, au couple francais d'Istanbul pour avoir partage notre premiere veritable soiree, a Ben le Cyclo facteur (BEL), a Bustian (SLO), a Mino et les Japs de Sakura Guest House. Merci aux Nicois de Karakol, a Karine (FR) pour nous avoir permis de faire notre declaration d'impots, a Francesco (IT), cycliste de l'extreme, a Pavel (POL), a nos collocs (ISR et ESP) de Sary Tash, a Hugues et Pauline (UK), la carrure et le coup de pedale de Contador, mais le double de son age. Merci aux profs Asie mutes (FR), aux chepers suisse d'Istanbul, a Wilco, Janeth, Monique et Dermont (HOL), a Camille (SUI) et ses pieds qui puent, a Micka (FR) from Turkestan, a Emmanuelle et Amanda (USA), nos inoubliables coachsurfeuses.


Merci aux autochtones enfin. Surtout. A meche Folle (AZ), a Seymour (AZ), chauffeur-helpeur, a l'hospitalite de la famille Zandarachvili (GEO) de Signaghi, a Ormon et Enjoy (KIR), best guides de chevaux ever. Merci aux routiers qui nous ont fait passer la frontiere de l'Empire du milieu, aux deux Georgiens du ferry pour la vodka et la lecon d'echecs, a l'equipage du navire pour la visite guidee, aux petits vieux de Margilan (OUZ). Merci au conducteur de la Maschroutka a la frontiere azerie pour nous avoir transportes gratuitement, aux postiers de Saki pour le the et leurs enormes sourires, a Michel (AZ) pour nous avoir montre ses blessures de guerre au petit dejeuner, pour ses ronflements et son calin de depart. Merci a Yedigue (KAZ) pour sa gentillesse un peu triste au milieu du desastre d'Aral. Merci aux sages de Navoi et aux babouchkas de Kokand (OUZ) dont on a malheureusement du decliner les invitations. Merci au consul ouzbek de Bakou pour son humour ("you are unemployed ? Promise me that you will find a new job in France ! Promise !"). Merci a Daniel "di Caprio" pour son anglais de Roumain (AZ), a Malicka la bonasse (KIR), a Erkai, mannequin de Song Kol, a Koki le cracra. Merci a ceux qu'on a ici oublie mais que l'on oubliera jamais.
Merci a la trentaine d'auteurs qui nous ont permis d'occuper nos longues soirees d'hiver avec une reussite diverse. Et special thanks aux chiens de Cappadocce de nous avoir laisse la vie sauve.
Merci a vous, pour vos encouragements qui n'ont jamais cesse et sans lequels nous serions sans doute revenus plus tot a Toulon (FR) mais davantage sains d'esprit.

Chong chong chong rakmat !

En Chine, Peugeot ne lesine pas sur les campagnes de com'

En Chine, Peugeot ne lesine pas sur les campagnes de com'

La cite interdite... ne l'est plus vraiment.

La cite interdite... ne l'est plus vraiment.

Petit chinois deviendra grand (ou pas, finalement)

Petit chinois deviendra grand (ou pas, finalement)

Des potes

Des potes

Tout se vend, tout s'achete et tout se tranforme

Tout se vend, tout s'achete et tout se tranforme

Le parapluie sur le velo, une vraie specialite chinoise

Le parapluie sur le velo, une vraie specialite chinoise

La grande muraille

La grande muraille

Un petit bout de la grande muraille

Un petit bout de la grande muraille

The great wall

The great wall

A big bout du great wall

A big bout du great wall

長城

長城

La montagne de fer de la Chine

La montagne de fer de la Chine

Une cigale, eh ouais les gars

Une cigale, eh ouais les gars

Allez, une autre, juste pour vous

Allez, une autre, juste pour vous

Jour 170 - 北京 (Chine)

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Rédigé par Julie et Matthieu

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Publié le 5 Août 2013

Jour 166 - 北京 (Chine)

Chinoiseries de conscience et de circonstance

Entrevue pendant un mois, la Chine s'est a present immobilisee dans la brume poisseuse et l'agitation etouffante de Pekin. Ici, le "Pays des ventilateurs" decrit par Amelie Nothomb est devenu celui des climatiseurs, du metro bonde et des monuments lisses bombardes par les flashs. Et si les deserts monstrueux et les sublimes montagnes, les sages edentes aux joues creusees par la secheresse, les villages figes dans l'empire ou les rites ancestraux ont bien atteint la capitale, ils ne sont que cartes postales retouchees dans les boutiques pekinoises. Leur saveur est celle du papier glace, glacial, d'un continent etranger et passe. Un territoire englouti dans une modernite a ce point vorace qu'elle ronge un a un ses paradis naturels en meme temps que ses modes de vie les plus traditionnels.

Difficile de s'y retrouver pourtant : les plus pittoresques des vieilles villes disparaissent sous les coups sans pitie des bulldozers, le touriste s'indigne mais l'habitant decouvre le tout-a-l'egout et le chauffage dans un immeuble rectangle et froid. Un de ceux qui poussent comme du ble OGM au milieu d'une verte prairie. Les costumes rituels et les sapes elimees ont ete remplaces par du Luis Vitton ou du Docce et Cabana pas cher ; la foule se rue au Mc Do mais elle mange. Le rickshaw n'est qu'un grand velo electrique ameliore, mais plus personne ne s'evanouit sous la canicule et sur les pedales. Dommage pour la photo, c'est sur.

Un fait encore : la mondialisation s'est abattue a l'est plus sournoise qu'un vent du Taklamakan sur une caravanne de bedouins. Prenez Mao. Mao en affiche, Mao sur les tasses, Mao sur les montres et Mao sur les T-shirt. Messi ne vendra jamais autant de maillots que cette vile idole sanguinaire, ignoble tyran de l'austerite non marchande, devenue - ironie de l'histoire - source intarrissable de dollars.

Un soupcon toujours : la pauvrete deserte les centres des cites mais on la devine partout, derriere cette montagne entouree de sepulture en terre, dans ce faubourg brinquebalant (bientot detruit lui aussi) ou les toits de plastique sont retenus par des pierres. La, encore, entre deux compartiments dans le train, ou les sourires fatigues s'entassent dans la fumee au milieu des paquetages de fortune, seuls biens de ces ouvriers exploites, de ces paysans exiles. De ces retraites sans pension, endoctrines aux rasades de communisme frelate. Les bougres s'en rendent compte aujourd'hui, qu'ils ont ete sacrifies par le Parti. Et c'est trop tard, bien trop tard pour eux.

La Chine s'agite et les places se font rares pour les faibles, les marginaux, les minorites et les tetes qui depassent. Pour l'Autre en fait. Qu'il se le tienne pour dit - et tranquille surtout. Ou qu'il consumme ses dernieres forces loin des medias, au mieux. Mais un fait indeniable, sans doute (et ici ils sont nombreux) : le niveau de vie s'ameliore pour le plus grand nombre... qui est de plus en plus grand. Au moment de le quitter, force est de constater que l'Empire celeste demeure pour nous un mysterieux mirage, souvent decevant, passionnant tout le temps. Un drole de casse-tete chinois.

En Chine, tout est grand. Meme les taupes.

En Chine, tout est grand. Meme les taupes.

Leur Jesus Christ local

Leur Jesus Christ local

L'autre Jesus Christ local

L'autre Jesus Christ local

Tiens, mais qu'est-ce qu'il fout, lui, a pedaler ? Il a pas l'electricite sur son bordel ?

Tiens, mais qu'est-ce qu'il fout, lui, a pedaler ? Il a pas l'electricite sur son bordel ?

Lisez en entier, ca vaut le coup

Lisez en entier, ca vaut le coup

Leurs oiseaux aussi sont mastocs

Leurs oiseaux aussi sont mastocs

Bah ouais, en mode touriste quoi

Bah ouais, en mode touriste quoi

Ou en mode danseuse

Ou en mode danseuse

Sur cette image, un seul etre est vivant. Saurez-vous retrouvez lequel ?

Sur cette image, un seul etre est vivant. Saurez-vous retrouvez lequel ?

Hits from the bong

Hits from the bong

Le Grand Schtroumpf

Le Grand Schtroumpf

Pour cette fois, a notre tour de prendre des photos a la derobe

Pour cette fois, a notre tour de prendre des photos a la derobe

La residence d'ete des empereurs

La residence d'ete des empereurs

Bis

Bis

Pareil

Pareil

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Rédigé par Julie et Matthieu

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Publié le 30 Juillet 2013

Jour 160 -  平遥 (Chine)

Bon bah ca se rapproche... Et si notre traversee de la Chine se poursuit a grands coups de nuits blanches dans le train ou de demi-journees de bus, la route de la Soie, elle, s'est d'ores et deja arretee ou elle avait jadis commence : a X'ian. Quant a notre voyage, il n'en reste plus que deux petites semaines (nous serons a Pekin avant le week-end). L'occasion de faire le point sur ces centaines de millions de Chinois que nous avons croises et qui nous ont, pour certains (quelques millions donc), legerement tapes sur le systeme. Voici dix bonnes raisons - que nous n'avons pas saisies - de leur distribuer des bourre-pifs :

- Le Chinois aime prendre l'occidental en photo sans se faire remarquer, meme s'il se fait souvent remarquer.

- Le Chinois en voiture aime essayer d'ecraser l'occidental a pied, surtout sur les passages cloutes.

- Le Chinois aime klaxonner frenetiquement au volant de son bus, de son automobile, de son scooter, meme et surtout quand il n'y a aucune raison de le faire.

- Le Chinois aime dire "Meyo" ("il n'y a pas"/"ce n'est pas possible") quand il pense qu'il n'arrivera pas a se faire comprendre, meme quand "il y a"/"c'est possible".

- Le Chinois aime doubler l'occidental dans les files d'attente, quitte a jouer des coudes, meme quand vous en jouez au moins aussi bien que lui pour lui faire comprendre que ce n'est pas son tour.

- Le Chinois aime fumer des clopes partout, surtout ou cela est interdit et passablement genant, comme dans un wagon bonde ou un bus de montage surchauffe.

- Le Chinois aime crier pour parler, meme quand son interlocuteur se trouve a un metre de lui.

- Le Chinois aime faire de lieux de culte des parcs d'attraction pour touristes des classes moyennes.

- Le Chinois aime detruire de petits villages traditionnels pour construire de grandes routes ou de grandes usines fonctionnelles.

- Le Chinois n'aime pas tirer la chasse d'eau.

A l'inverse, rendons tout de meme aux enfants de Confucius ce qui leur appartient.

- Le Chinois ne dit jamais bonjour spontanement mais il aime repondre poliment quand on le salue.

- Le Chinois qui parle anglais est rare (surtout a l'Ouest de X'ian) mais celui qui le pratique aime aider l'occidental a s'y retrouver, meme quand celui-ci n'a rien demande.

- Le Chinois a beaucoup, beaucoup detruit pendant la revolution culturelle mais il avait tellement construit de merveilles dans un lointain passe qu'il en restera toujours assez pour contracter un bon vieux syndrome de Stendhal au dixieme temple taoiste de la journee.

- Le Chinois sait tenir une auberge de jeunesse digne de nom, propre et confortable, offrant tous les services dont le routard ou le touriste lambda puisse rever. Dommage aussi qu'il fasse tout payer, et pas forcement tres bon marche.

- Le Chinois sait faire de la bonne bouffe a pas le sou. Il sait aussi faire des trucs immangeables, mais ca reste pas cher.

- Le Chinois sait se faire discret dans les endroits magnifiques, surtout dans ceux qui ne sont pas desservis par des voiturettes electriques.

- Le Chinois n'aime pas les pourboires.

- Le Chinois, qui vit dans une societe ou semble regner un individualisme forcene, ne cherche jamais a froder, ni le bus, ni les entrees. Autant vous dire que de notre cote...

- Le Chinois, visiblement, n'aime pas les gros chiens. Ou alors il les mange.

Ici aussi les chefs cuistots portent la toque

Ici aussi les chefs cuistots portent la toque

C'est ce qui s'appelle rester de marbre, meme quand on a une gueule en terre cuite

C'est ce qui s'appelle rester de marbre, meme quand on a une gueule en terre cuite

C'est a X'ian qu'est nee l'expression "Perdre la tete"

C'est a X'ian qu'est nee l'expression "Perdre la tete"

Dites moi pas que ca vous dit rien, ce genre d'images, hein ?

Dites moi pas que ca vous dit rien, ce genre d'images, hein ?

Voila a quoi ressemble une file d'attente, en Chine

Voila a quoi ressemble une file d'attente, en Chine

Pour la petite histoire : chacune des 8000 statues est unique et mesure 1m80

Pour la petite histoire : chacune des 8000 statues est unique et mesure 1m80

Non, ce n'est pas du brouillard mais plutot le responsable de notre mal de gorge chronique

Non, ce n'est pas du brouillard mais plutot le responsable de notre mal de gorge chronique

Une mosquee. Je sais, ca se voit pasUne mosquee. Je sais, ca se voit pas

Une mosquee. Je sais, ca se voit pas

Voila qui resume deux ou trois trucs sur la Chine

Voila qui resume deux ou trois trucs sur la Chine

Joyeuse Paques, comme dirait Bebel

Joyeuse Paques, comme dirait Bebel

Pas mal, pas cher (environ six euros pour deux, boisson comprise)

Pas mal, pas cher (environ six euros pour deux, boisson comprise)

Apres les Tibetains, les Taoistes

Apres les Tibetains, les Taoistes

NB : le moine n'a aucune aptitude particuliere aux arts martiaux a la Matrix, c'est juste que je n'ai pas reussi a tourner la photo
NB : le moine n'a aucune aptitude particuliere aux arts martiaux a la Matrix, c'est juste que je n'ai pas reussi a tourner la photo

NB : le moine n'a aucune aptitude particuliere aux arts martiaux a la Matrix, c'est juste que je n'ai pas reussi a tourner la photo

On dit que l'argent n'a pas d'odeur mais ici, il sent le poisson

On dit que l'argent n'a pas d'odeur mais ici, il sent le poisson

Ne me demandez pas de vous expliquer le taoisme, je ne saurais le faire

Ne me demandez pas de vous expliquer le taoisme, je ne saurais le faire

Pingyao

Pingyao

Pingyao par-ci

Pingyao par-ci

Pingyao par-la

Pingyao par-la

PING

PING

YAO

YAO

Oui, on sait, c'est une eglise. Figurez-vous que c'est justement pour ca qu'on a pris la photo bande de gros malins

Oui, on sait, c'est une eglise. Figurez-vous que c'est justement pour ca qu'on a pris la photo bande de gros malins

Image d'Epinal de Pingyao

Image d'Epinal de Pingyao

Pourquoi cette tof ? Parce qu'il ya un slogan qui date de la revolution culturelle sur le fronton et que, je serais vous, ca ne me ferait pas marrer du tout. Mais alors, pas du tout...

Pourquoi cette tof ? Parce qu'il ya un slogan qui date de la revolution culturelle sur le fronton et que, je serais vous, ca ne me ferait pas marrer du tout. Mais alors, pas du tout...

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Rédigé par Julie et Matthieu

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Publié le 23 Juillet 2013

Jour 153 - 西安 (Chine)

Tibet, ou t'y vas pas

Question a dix yuans (une bière et six oeufs de caille) : quel est le point commun entre le capitaine Haddock et Eddy Murphy (1) ? Rien a voir avec leur sens aigu du calembour. Ou presque : ces deux artistes facétieux nous ont chacun a leur manière fait découvrir des aspects du Tibet que les sourires Colgate du Dalai Lama au JT de TF1 ou les agitations pyromanes de ses disciples ne sont jamais parvenues a raconter. Car oui, les enfants tibétains tirent bien la langue pour dire bonjour et, oui encore, il arrive que les hommes pieux du "Toit du monde" se décrottent le nez en pleine prière. Et non - pour de suite lever le doute - nous n'avons pas mis le début d'une semelle en cuir de yak sur les hauts plateaux les plus spirituels de ce bas monde. Trop cher, trop compliqué, trop guidé et trop sinoisé, dit-on.

En fait, l'alternative en territoire chinois s'appelle Xiahe. Un bled qui a longtemps appartenu a la province tibétaine de l'Amdo et qui, malgré l'arrivée des promoteurs immobiliers et bientôt de l'autoroute, résiste encore et toujours a l'envahiss... oups... aux modernisateurs. Ce, grâce a la présence multiseculaire de son monastère, Labrang, l'un des plus sacres pour les Gelupga et leurs bonnets jaunes (ce qui, au passage, n'est pas pareil qu'un jaune bonnet, ni qu'un jambonneau). Tibétains du Tibet y viennent en pèlerinage vêtus de leurs habits traditionnels, ainsi qu'un flot ininterrompu de moines et de nomades des environs ayant égorgé leur troupeau de moutons pour se constituer une garde robe decente et monter au village.

Clochards celestes et autres yaks


Tout ça pour vous expliquer, lointains incultes, que si Lhassa la pieuse doit valoir le coup d'oeil, Xiahe vaut également son pesant d'encens et de moulins a prière. D'ailleurs c'est bien simple : pas un potron minet ne s'étire les pattes sans qu'une palanquée de pèlerins mal réveillés ne viennent faire trois fois le tour du monastère en se tripotant le chapelet. Voire en se jetant carrément par terre sur neuf kilomètres, dont un passage a 13% derrière la petite stupa au toit dore. Prends ça, Pierre Roland.

Qu'a-t-on vu d'autre en cette mystique contrée ? Quelques yourtes traditionnelles, deux ou trois chiens que l'on dit parmi les animaux les plus dangereux de la planète (devant l'hippopotame du Nigeria et l'Azureus de Dendrobates du Surinam), ainsi que des autochtones qui bossent sans compter a la depense leur ressemblance hippie avec les Péruviens du Pachacamac. Car plus qu'un lieu sacre pour les moines qui borborygment leurs yaourts et leurs prières, tambourinent de concert au petit déjeuner, Xiahe est bien cette grande place de la mode a faire s'étrangler de frustration vestimentaire un hipster parisien (ou hyerois) en phase neo-tribale.

Hauts de forme, nattes qui s'attachent dans le bas du dos, courbure outrancière dans la démarche pour les femmes ; serpillière avec des manches, gants et genouillères, chapeau de cow-boy, bref look de clochard céleste en mode NBA pour les hommes. Le tout, très colore, très calcine par les UV, très parfume au yak aussi - que voulez-vous, ils le mangent, s'en servent pour se chauffer, en font des bougies et même des sculptures en beurre - et, in fine, incontestablement "in", si ce n'est "into", the wild évidemment.

On vous épargnera l'analyse du style monastique qui, si élaboré puisse-t-il paraître pour un accro a Fashion TV, sert essentiellement des fins ergonomiques pour les phases de méditation, d'auto-combustion et de commodités post-digestion. Si, si. Quant a ce drôle de capeo jaune a poils en brosse, sans doute copie sur le modèle des centurions romains (ah, les bienfaits de la Route de la soie), il ne sert tout bonnement a rien. C'est cela aussi la grande leçon de la mode bouddhiste tibetaine : au matériel, nul n'est tenu. Du coup, ils lévitent.



(1) Pour ceux qui auraient manque sa rediffusion sur TMC en novembre dernier, hâtez vous de découvrir ce chef d'oeuvre du comique burlesque post 80's : "Golden Child : L'enfant sacre du Tibet". Un film dont la diffusion avait a l'époque valu le départ en congé maladie (pour dépression) de la moitie des critiques cinéma de Telerama. Toujours disponible en VHS.

"Alors qu'est-ce que je pourrais bien m'acheter ? Un truc pluot grenat, ou un truc plutot jaune ?"

"Alors qu'est-ce que je pourrais bien m'acheter ? Un truc pluot grenat, ou un truc plutot jaune ?"

Des airs de Kirghiztan

Des airs de Kirghiztan

 Les "Yak'a, fauk'on", loin de Toulon, perdent la raison

Les "Yak'a, fauk'on", loin de Toulon, perdent la raison

Elle est pas belle, la yourte tibetaine ?

Elle est pas belle, la yourte tibetaine ?

Fais netour, comme dirait Kool S.

Fais netour, comme dirait Kool S.

Temple of boom

Temple of boom

Les toits du monde

Les toits du monde

Ya pas style, la ?

Ya pas style, la ?

Stupa et tremblements

Stupa et tremblements

Ton moulin, ton moulin va trop vite

Ton moulin, ton moulin va trop vite

Ma Dalton

Ma Dalton

Salut toi !

Salut toi !

Te retourne pas mon gars, t suivi...

Te retourne pas mon gars, t suivi...

Le meunier de Labrang

Le meunier de Labrang

Sympa la petite cheminee a encens. Mais dur a placer dans son salon

Sympa la petite cheminee a encens. Mais dur a placer dans son salon

Allez les filles, on frotte : ya du boulot si on veut que tout soit propre avant la venue du Lama

Allez les filles, on frotte : ya du boulot si on veut que tout soit propre avant la venue du Lama

Apres-midi balade a Labrang pour ces deux vieilles copines

Apres-midi balade a Labrang pour ces deux vieilles copines

Allez les rouge

Allez les rouge

Ca les gars, c'est une sculpture en beurre de yak. Veridique. Et c'est meilleur en photo que sur un morceau de pain. Veridique aussi

Ca les gars, c'est une sculpture en beurre de yak. Veridique. Et c'est meilleur en photo que sur un morceau de pain. Veridique aussi

On s'est un peu copie sur la garde robe, la , les filles

On s'est un peu copie sur la garde robe, la , les filles

Et la creme solaire, c'est pour les yaks ?

Et la creme solaire, c'est pour les yaks ?

Perou ? Bah non, Tibet

Perou ? Bah non, Tibet

Les moines, si tu les retiens pas, ils ont tendance a s'envoler

Les moines, si tu les retiens pas, ils ont tendance a s'envoler

Photo prise en loosde, au ptit dejeuner

Photo prise en loosde, au ptit dejeuner

Vu !

Vu !

L'equipe de centurions romains

L'equipe de centurions romains

Alors la, si ya pas pillage de look peruvien, je comprend plus rien

Alors la, si ya pas pillage de look peruvien, je comprend plus rien

Le bazar des rues de Xiahe, Pas toujours zen, les bouddhistes

Le bazar des rues de Xiahe, Pas toujours zen, les bouddhistes

Ici, le personnel medical bosse en faisant ses prieres

Ici, le personnel medical bosse en faisant ses prieres

Cette histoire de coupe de cheveux dont je parlais tout a l'heure

Cette histoire de coupe de cheveux dont je parlais tout a l'heure

Un temple qui vaut son pesant d'or pour les Tibetains

Un temple qui vaut son pesant d'or pour les Tibetains

Deux mondes qui s'affrontent, dont un qui prend des photos de panneaux

Deux mondes qui s'affrontent, dont un qui prend des photos de panneaux

Deux mondes qui se sourient. Enfin, on imagine

Deux mondes qui se sourient. Enfin, on imagine

Le marche de Xiahe

Le marche de Xiahe

Deux mondes qui mangent

Deux mondes qui mangent

Xiahe, vu de loin

Xiahe, vu de loin

Je vous conseille de zoomer cette photo pour vous apercevoir que ce moine n'etait pas vraiment en train de mediter

Je vous conseille de zoomer cette photo pour vous apercevoir que ce moine n'etait pas vraiment en train de mediter

Re-Yak

Re-Yak

Heu, et pour la ceinture de securite, on fait comment ?

Heu, et pour la ceinture de securite, on fait comment ?

Suivi comme son ombre par l'esprit du Dalai Lama

Suivi comme son ombre par l'esprit du Dalai Lama

Re-Yak, mais blanc cette fois

Re-Yak, mais blanc cette fois

Allez, yak dans le brouillard pour finir. Cette fois, on repart en Chine !

Allez, yak dans le brouillard pour finir. Cette fois, on repart en Chine !

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Rédigé par Julie et Matthieu

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Publié le 13 Juillet 2013

Jour 143 - 张掖 (Chine)

C'est la classe (moyenne)


Zhang a 40 ans, une femme et un enfant (le chien, ils l'ont bouffe). Pas deux gosses, non. Ce cadre a China Mobile aurait bien aime mais c'est interdit pas le Parti. Du coup, le petit Yao, un peu capricieux certes (mais "tellement mignon"), est choyé comme un empereur miniature. Pour les vacances, Zhang lui avait promis de visiter un peu de cet immense, fier et beau pays qui est le leur. Promesse tenue : dans ce grand mouvement de transhumance estival des classes moyennes, tout le monde a embarque depuis le petit village de Zhangye, 260 000 habitants, pour rejoindre le Far West chinois et ses paysages a couper le souffle.

Dans le train, Jiang, l'épouse de Zhang, fait la navette entre le robinet d'eau chaude et les "couchettes molles" pour remplir les bols de noddles. Avec deux ou trois pattes de poulet sous vide, un paquet de saucisses de Strasbourg de Pékin et un litre de thé par personne toutes les demi-heures, voila qui devrait rassasier l'équipée pour les 21 heures de trajet jusqu'au Xinjiang. D'ailleurs le temps passe tellement vite que Zhang n'a même pas le temps de finir son deuxième paquet de cigarettes entre les wagons. Il est 9 heures en gare d'Urumchi et il n'y a déjà plus une seconde a perdre.

Trop belle la route

Un "bus touristique" attend son flot de vacanciers pour une ballade au Tian Chi, un lac allonge d'un bleu profond qui se niche au pied du Pic de Dieu, a 5445 mètres d'altitude. L'idéal pour une bouffée d'air frais et de tranquillité. Le bus roule depuis une heure au milieu d'un paysage aride, clairsemé d'étranges tas de terre funéraires, quand la guide, qui n'arrête de crier dans le micro et d'ordonner de laisser les rideaux fermes, annonce un premier arrêt dans un musée de souvenirs. Zhang en profitera pour acheter des plantes médicinales et de la peau de serpent en poudre, excellent pour la circulation sanguine.

Puis c'est l'arrivée au parc. Un badge a se passer autour du coup est remis a chacun. Des fois qu'un urbain se ferait la malle dans la campagne, sans doute. Le billet d'entrée est cher, tout le monde y va, donc l'endroit est magnifique, se dit Zhang. Ça se confirme une fois passée les portiques de sécurité et la fouille méticuleuse en plein milieu du massif des Tian Shan. La famille découvre ainsi une route flambant neuve a bord du nouveau bus bonde qui les prend en charge. Même la rivière qu'elle longe est neuve. Détournée de son cours naturel pour égayer la vue des passagers - alors que les troupeaux de moutons et les pauvres paysans du coin sont caches par une épaisse haie de peupliers - elle coule en (fausses) cascades régulières tous les dix mètres, depuis le lac.

Le lac ? Zhang, Jiang et Yao n'y sont pas encore. Le car effectue d'abord un stop obligatoire dans un "village kazak traditionnel" ou sont dispersées des (fausses) yourtes avec des (vrais) nomades sédentarisés dedans. C'est Disney land au milieu de nulle part. Tout a sa joie, Zhang en profite pour acheter un chapeau de cowboy.

Trop belle la pancarte

Puis c'est l'arrivée au pied du Pic de Dieu. Enfin presque. Il reste encore 50 mètres a faire et la petite famille n'hésite pas longtemps avant d'embarquer dans l'une de ses voiturettes électriques qui jalonnent, chez nous, les 18 trous. En haut, le plan d'eau est bien la, entoure de barbelés, de (faux) arbres (antennes de téléphonie mobile) et de milliers de touristes... mais séduisant quand même les aigles alentours par sa superbe silhouette léchant les orteils des glaciers. Jiang ne prête pas attention a ses détails. C'est une pancarte traitant de la géologie des lieux qu'elle choisit d'abord de prendre en photo. Elle ne l'a pas lue mais tout le monde fait pareil ; il doit bien y avoir une raison a cela, se dit-elle. Ce sera le 25 ème cliche des 852 qu'elle tapera en ce jour béni. Ensuite Jiang en profite pour acheter une saucisse de Strasbourg de Pékin a Yao qui rale et une ombrelle pour elle, au cas ou les épais nuages viendraient a disparaître. Tout le monde fait pareil, il doit bien y avoir une raison a cela.

Va maintenant pour un tour du Tian Chi ? Une visite a la (fausse) pagode de la dynastie des Qing ? Au (faux) temple bouddhiste ? Un coup d'oeil a l'église romane ? Ah, tiens, non, il n'y a pas d'église romane. Sans doute un oubli des autorités. Lesquelles, par contre, ont tenu a installer un autre (faux) village de yourtes kazakes. Un décor de carte postale salement photoshopé... et déjà vu sur le chemin après tout. Zhang opte plutôt pour un tour sur l'une des nombreuses navettes fluviales qui klaxonnent a tout va. C'est cher, donc c'est magnifique. Et c'est rapide. A peine le temps de revenir sur le plancher des vaches (dont la dernière de la région s'est suicidée en se jetant sous une voiturette électrique l'an passe) et d'avaler un bol de noddles, qu'il faut revenir au bus dont le chauffeur a l'air particulièrement presse.

Le trajet du retour se déroule sans encombre : après une halte obligatoire a une boutique de souvenirs - des (vrais et faux) bijoux en jade - la petite famille sera reconduite a la gare. Pas de temps a perdre a trop cracher par terre (mais un peu quand même) : demain, a Dunhuang, il faudra visiter des dunes de sables a dos de chameaux puis des grottes bouddhiques au milieu d'un groupe de vingt. C'est cher, tout le monde y va, donc l'endroit sera magnifique. Assurément.

PS : Toute ressemblance avec des personnes ayant reellement existe ne saurait etre purement fortuite.

PS 2 : Nous rappelons a nos amis facebook preferes que fb n'est pas accessible en Chine.

Quand le batiment va...

Quand le batiment va...

OK, il avait 75 piges mais je lui ai montre qui est Raoul

OK, il avait 75 piges mais je lui ai montre qui est Raoul

Entre les Oighour et les Hans, j'ai l'impression qu'on se fait un peu la gueule ces temps-ci

Entre les Oighour et les Hans, j'ai l'impression qu'on se fait un peu la gueule ces temps-ci

Et tu danses, danses, danses, en plein apres-midi

Et tu danses, danses, danses, en plein apres-midi

Ca, ca va pas tarder a deraper

Ca, ca va pas tarder a deraper

Quand la musique est bonne

Quand la musique est bonne

Little Bouddha

Little Bouddha

Un gars qui ecrit par terre avec un pinceau a eau... ouais, a eau

Un gars qui ecrit par terre avec un pinceau a eau... ouais, a eau

Ya des gueules en Chine quand meme

Ya des gueules en Chine quand meme

Gerry

Gerry

Julie qui s'enerve contre les mouches

Julie qui s'enerve contre les mouches

Whaouh, c'est cool le desert

Whaouh, c'est cool le desert

Lost ?

Lost ?

Un peu beau

Un peu beau

Un petit peu beau aussi

Un petit peu beau aussi

Ibid

Ibid

Allez, a la maison les djeuns

Allez, a la maison les djeuns

Igor Sontracteurdanslarue

Igor Sontracteurdanslarue

Ici, au supermarche, on peut meme acheter des enfants

Ici, au supermarche, on peut meme acheter des enfants

Ils ont des gueules quand meme ces Chinois (bis)

Ils ont des gueules quand meme ces Chinois (bis)

Je vous laisse interpreter ca comme vous voulez

Je vous laisse interpreter ca comme vous voulez

La grande muraille, selon d'ou l'on regarde, n'est pas toujours la carte postale que l'on s'imagine

La grande muraille, selon d'ou l'on regarde, n'est pas toujours la carte postale que l'on s'imagine

Un vieux chateau

Un vieux chateau

Un bout du mur

Un bout du mur

Pareil

Pareil

Le dernier bout de mur (a l'Ouest). Ils en prennent soin les bougres

Le dernier bout de mur (a l'Ouest). Ils en prennent soin les bougres

Stupa

Stupa

La tombe d'un dignitaire nazi un peu bouddhiste

La tombe d'un dignitaire nazi un peu bouddhiste

Les chiens de garde des temples bouddhistes

Les chiens de garde des temples bouddhistes

Dans l'oeil de Bouddha

Dans l'oeil de Bouddha

Bah moi je trouve ca appetissant

Bah moi je trouve ca appetissant

Ca, un peu moins, je reconnais

Ca, un peu moins, je reconnais

Big Ben

Big Ben

Le Dalai Lama, au fond

Le Dalai Lama, au fond

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Rédigé par Julie et Matthieu

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Publié le 7 Juillet 2013

Semaine a oublier, vide, vite vidés que nous fumes. La pire depuis le debut du voyage. On peut parler, sans peur de se tromper, d'une attaque bactériologique d'une rare férocité. Les preuves sont irréfutables, accablantes. Combien de victimes ? Quatre officiellement recensées, un couple d'amis français et nous deux, évidemment. Malheureusement. L'attentat, non revendique, s'est produit sur le marche de nuit de Kashgar. Était-ce l'une de ces surprenantes salades mixant vermicelle et légumes fluorescents ? Ces audacieuses soupes épicées aux matières flottantes non identifiées ? Une brochette de viande avariée ? Nous ne le saurons jamais. Mais le mal est entré (meilleur ennemi) et nous restâmes trois jours sur le flanc, tremblotants comme ces moutons derrière l'étal du boucher. Faibles et fiévreux comme ces chiens-poubelles agonisant sous les ponts. Cloues au lit par la chaleur du Xinjiang et une bien sournoise affection. En fait, tout juste assez lucides pour atteindre les box humides et sombres du rez-de-chaussée avec une régularité de métronome, sous les regards compatissants mais gênés des hôtes de la guest house en train de souper. Du coup, exit la Karakorum highway et tout un pan de notre programme de balades dans la région. Il a fallu se soigner, s'antibiotiquer, se reposer, se requinquer. Se réconcilier avec sa machine a digérer. C'est chose faite. Et après 26 heures de train et de noodles synthétiques, nous voila arrives a Urumchi ("belle prairie" en mongol). Une ville de 2,3 millions d'habitants ou le dernier âne ouïghour transportant des pastèques a du trépasser l'an dernier, écrasé par un convoi de 4x4 chinois. Une megalopole ou les flics sont plus nombreux que les barbus et les fast food ont l'air d'avoir davantage d'adeptes que les mosquées. Entre nous et l'Asie central : la silhouette des monts Célestes au Nord ; le désert du Taklamakan au Sud. Et au milieu, des tas de mets appétissants et varies proposes sur les étals des marchands ambulants. Alors ? On va d'abord se tenter un KFC.
Les troupes chinoises sont deployees de partout ces temps-ci. A priori, ils ont trouve Mao et ce ne n'est pas nous qu'ils cherchent.

Les troupes chinoises sont deployees de partout ces temps-ci. A priori, ils ont trouve Mao et ce ne n'est pas nous qu'ils cherchent.

Le desert du Taklamakan vu du train. Ca donne soif, hein ?

Le desert du Taklamakan vu du train. Ca donne soif, hein ?

Urumchi. Jadis petite capitale regionale...

Urumchi. Jadis petite capitale regionale...

Un petit VSAB qui fait son shopping

Un petit VSAB qui fait son shopping

Tiens, un truc encore un peu vieux dans le centre-ville (a l'heure ou j'ecris ces lignes, ces batiments sont probablement deja detruits)

Tiens, un truc encore un peu vieux dans le centre-ville (a l'heure ou j'ecris ces lignes, ces batiments sont probablement deja detruits)

Pour vous dire qu'on va mieux !

Pour vous dire qu'on va mieux !

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Rédigé par Julie et Matthieu

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Publié le 30 Juin 2013

Jour 129 -  قەشقەر (China)

Col d'Irkeshtam, frontière sino-kirghiz

Six heures du matin au pied du Pamir, a quelques encablures de la frontière chinoise. Il pleut a verse sur Sary Tash. La nuit a été mauvaise, agitée. Les chiens n'ont pas cessé d'hurler dans la nuit venteuse. Le village déshérité, déjà peu avenant par beau temps, prend maintenant des airs glauques et inquiétants. Pas le choix pourtant : il nous faut braver le froid et l'humidité pour tenter d'attraper un camion chinois et passer les barbelés avant ce soir. Des policiers matinaux nous proposent de jouer les taxis jusqu'a la douane pour un prix indécent mais nous leur rions au nez, persuades que le dieu des auto-stoppeurs sera au rendez-vous.

Et ça ne fait pas quinze minutes que nous sommes dehors, tous pouces leves, que deux énormes semi-remorques et leurs idéogrammes sont en approche. Ca s'annonce bien. Sauf que les flics les arrêtent et, vexes qu'on les ait rembarres, ordonnent aux Chinois de ne pas nous embarquer ! Furax et bien décidés a ne pas laisser passer notre train, nous nous ruons sur la voiture de police et, avec nos trois mots de russe, remercions non sans ironie ces shérifs de pacotille de nous laisser partir. Ils n'ont pas le temps de répondre que nous grimpons chacun dans un camion.Yalla ! Nous voila lances vers l'Empire du milieu.

Bye bye Asie centrale

L'asphalte est impeccable. Noyé dans la brume, le paysage laisse quand même entrevoir ci et la quelques troupeaux de yaks et des yourtes défraîchies. Puis la pluie se transforme en neige a mesure que nous grimpons le col de Tonmurun, qui culmine a 3700 mètres d'altitude. Bientôt le brouillard tombe complètement, la route blanchit. La scène devient surréaliste mais nos chauffeurs ne laissent pas transparaître la moindre inquiétude. Nous franchissons la montagne sans encombre.

Le poste frontière kirghiz est en vue. Son passage se révèle une formalité. Mais pour la suite des festivités, nous devons chacun attraper un nouveau camion. Problème : alors que Julie file sa route tranquillement, mon chauffeur est bloque au premier check point chinois. Fouille integrale du convoi. Il me faut a nouveau changer de monture pour poursuivre mon chemin dans le no man's land et rejoindre ma chère et tendre au contrôle des bagages. Avec une heure de retard.

Psy au volant

Passeports a demi-tamponnes, nous voila pares pour la dernière partie du trajet. La pire, tant la route se transforme en mauvaise piste sur les contreforts rougeoyants de l'Ata Tagh. Il reste 160 km a parcourir pour rejoindre le troisième et dernier poste militaire chinois. Ils se feront a 30 km de moyenne. Julie embarque devant moi, tandis que je retrouve mon chauffeur kirghiz. Nous sympathisons dans le chaos autour d'un paquet de graines de tournesol et de quelques cigarettes. Dans le lointain, des caravanes de chameaux se glissent sur les lignes de crête de ce paysage aride et ocre. Envoûtant.

A tel point sans doute que mon chauffeur commence a piquer du nez. Ça fait plus de douze heures qu'il roule et n'a toujours pas fait la moindre pause. Il décide alors de ronfler dans la cabine avant que je ne le réveille une heure plus tard, un poil stresse par les minutes qui s'écoulent. Mais a peine repartis... que nous crevons un pneu. L'état du chemin s'est encore dégradé et il faudra toute la dextérité de mon pilote pour faire passer ses deux remorques sur une route que nos rutilants 4x4 de l'hexagone ne chercheraient même pas a emprunter. "Op op op oppan gangnam style", crie-t-il, hilare, a chaque fois qu'il m'envoie valser dans la cabine.

Arrivee a Kashgar, enfin

Grignotant ma ration de pain sec et de fromage, je percute aussi que Julie n'a rien du avaler depuis ses trois gâteaux a 5 heures du matin. Dans la précipitation, nous avions oublie de nous partager les provisions. Il est 17 heures et le chauffeur m'explique que c'est précisément l'heure a laquelle le dernier poste frontière est censé fermer... pour trois jours. Quand nous arrivons enfin a sa hauteur, une voiturette électrique m'attend avec impatience et deux gardes frontieres qui ont l'air particulièrement inquiets (et presses de rentrer chez eux) : "Your wife is waiting for you !" J'espère bien ! Je retrouve Julie, affamée, arrivée deux heures plus tôt et qui a eu le temps de sympathiser avec la moitie des douaniers du pays.

Il nous reste encore trente kilomètres a faire (en taxi cette fois) pour rallier Kashgar, ville mythique de la Route de la Soie. Après avoir flirte autant de fois avec l'arrêt cardiaque qu'avec un accident grave, nous arrivons dans l'agitation de la métropole. Surprise : avec sa majorité d'ouïghours, c'est encore l'Asie centrale ici, et on voit moins d'yeux brides qu'au Kirghizistan. En revanche, on ne comprend plus un traître mot de ce qu'on nous dit ou de ce qui est écrit. Il nous faudra meme une heure pour dénicher notre guest house. Ça fait quatorze heures que nous sommes partis et la fatigue se fait sentir.

Si l'actualité et les émeutes de ces derniers jours nous ont fait craindre un instant que, comme en 2009, les frontières seraient fermées, nos doutes ont vite été levés. Pour l'instant, aucune tension n'est palpable en ville et nous profitons pleinement du spectacle qui s'offre a nous, du marche des animaux en passant par le marche de nuit et ses fabuleux étals de nourriture, ou ce qui y ressemble. Exit en revanche la vieille ville, dont les bulldozers chinois ont finalement (presque) eu raison au nom de la sacro-sainte modernité de la république populaire. Exit aussi les ânes, voire les vélos, remplaces par des scooters électriques. Kashgar a sans doute perdu de sa magie mais il en reste encore suffisamment pour que nous gardions les yeux écarquillés devant sa fabuleuse agitation. Prochaine étape : la route du Karakorum, superbe, vers le Pakistan. Mais que nos mamans se rassurent : cette fois, nous ne franchirons pas la frontière. La Chine est notre dernier pays. Le plus grand.

Une tempete de nuage

Une tempete de nuage

Sary Tach et l'agitation de son centre-ville

Sary Tach et l'agitation de son centre-ville

Classe, de bon matin

Classe, de bon matin

On dirait pas comme ca, mais c Julie Colin

On dirait pas comme ca, mais c Julie Colin

Le premier des cinq postes frontiere de la journee

Le premier des cinq postes frontiere de la journee

Petite vue sur les premieres montagnes chinoises

Petite vue sur les premieres montagnes chinoises

Des couleurs bizarres

Des couleurs bizarres

Mon nouveau pote. On a echange nos 06

Mon nouveau pote. On a echange nos 06

Cent metres d'asphalte : on en profite pour prendre une photo

Cent metres d'asphalte : on en profite pour prendre une photo

Apparition

Apparition

Vision de Kashgar apres une nuit de sommeil. Yeah !

Vision de Kashgar apres une nuit de sommeil. Yeah !

Vieille ville, tu ne payes pas pour attendre !

Vieille ville, tu ne payes pas pour attendre !

Mieux que la burqa et le niqab, la serpilliere sur la tete !

Mieux que la burqa et le niqab, la serpilliere sur la tete !

Un bout de vieille ville again

Un bout de vieille ville again

A gauche, la nouvelle vieille ville. A droite, la future ex-vieille ville.

A gauche, la nouvelle vieille ville. A droite, la future ex-vieille ville.

Le marche du dimanche, un samedi

Le marche du dimanche, un samedi

Eh ouais, on va plus vite que vous les gars

Eh ouais, on va plus vite que vous les gars

Hmm les nounouilles

Hmm les nounouilles

Hmm la te-tete de mouton !

Hmm la te-tete de mouton !

Pour moi, ce sera brochette de foie

Pour moi, ce sera brochette de foie

Le marche aux animux, passage oblige

Le marche aux animux, passage oblige

Easy rider

Easy rider

Ici, les chauffeurs de moto break ont parfois de droles de tetes

Ici, les chauffeurs de moto break ont parfois de droles de tetes

Mort aux vaches

Mort aux vaches

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Rédigé par Julie et Matthieu

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Publié le 25 Juin 2013

Jour 124 - Ош (Kirghizistan)

Notes pour plus tard

Après 5 heures de marche, autant de mashroutka (minibus), deux jours de stop et re-8 heures de transport en commun, nous avons finalement réussi a traverser le pays dans les temps : selon toute vraisemblance nous passerons donc en Chine vendredi après-midi, tout juste avant la dead line menaçante de notre visa. Ne nous reste plus qu'une étape au Kirghizistan, a Sary Tach précisément. Une ville décrite par notre Lonely Planet comme une "halte pour les trafiquants d'opium et de haschisch venus d'Afghanistan par le Tadjikistan', voire un endroit "ou le climat est si rude que rien ne pousse". Voila qui fait envie, meme si nous ne comptions de toute facon pas y cultiver notre jardin.

C'est d'ici que nous tenterons d'attraper, des l'aube, un camion chinois pour nous faire gracieusement passer la frontière au col d'Irkechtam. En attendant, nous en finissons avec le royaume de la yourte, non sans une pointe - déjà- de nostalgie. Le Kirghizistan, incroyable contrée pour les amateurs de montagne, de pastoralisme, de nature sauvage et de vodka, restera comme le pays ou nous avons passe le plus de temps. Voici deux ou trois autres raisons a cela :

- Les Kirghiz aiment tellement les yourtes qu'ils s'en font meme construire en "dur", dans les cimetières, pour y passer l'éternité

- Au marche des animaux, a Karakol, il se trouve des éleveurs pour être déjà bourres a 8 heures du matin. Classes, les musulmans du coin.

- Au Kirghizistan (comme au Kazakhstan), quand un commerçant ne peut pas rendre la monnaie, il paye le client en bonbons ou en chewing gums.

- Dans une mashrutka de 14 places assises, on peut mettre (au moins) 29 personnes. Et qu'importe si le trajet dure huit heures.

- Sur certains axes du pays, on peut faire du stop pendant deux heures sans voir passer une seule voiture. Sur la meme route, un peu plus tard, on peut aussi apprendre que quatre chinois en 4x4 sont tombes la veille dans le torrent en contrebas et que leurs corps n'ont pas été retrouves.

- En Kirghiz, "Sarkozy" veut dire "petit mouton" et "Jacques Chirac", "au-revoir".

- Une Moskvitch digne de ce nom se démarre en la poussant, se refroidit avec l'eau du torrent, son coffre s'ouvre avec un morceau de bois ou de ferraille (existe une version tournevis) et il semble impératif, même si les freins sont morts, d'éteindre le moteur dans la moindre descente pour économiser de l'essence.

- Il est courant de discuter avec un Kirghiz eduque sans qu'il ne s'offusque le moins du monde que dans son pays les mariages puissent être arranges, que la polygamie continue d'exister ou que l'on puisse encore enlever son épouse en toute impunité.

- Ne jamais dire a un Kirghiz, par pure politesse, que l'on a apprécie le repas. Il vous resservira le meme dans la minute.

- Comment une soupe de poulet peut-elle avoir gout de mouton ? Reponse : parce qu'on y ajoute du gras de mouton, beaucoup de gras de mouton.

- L'Asie centrale est sans doute l'un des rares coins du globe ou l'on peut regulierement trouver des voyageurs se plaignant du trop plein d'hospitalite des locaux. "On ne peut jamais planter sa tente tranquille ou passer quelques heures tout seul" explique l'un d'eux. "il y a toujours un gars pour vous inviter chez lui pour manger et dormir. A la longue, c'est epuisant."

La rive sud d'Issyk - Kul ; un petit air de plage exotique

La rive sud d'Issyk - Kul ; un petit air de plage exotique

Le tri selectif du dimanche matin

Le tri selectif du dimanche matin

Altin Arachan, ses sources d'eau chaude dans la montagne, ses top models...

Altin Arachan, ses sources d'eau chaude dans la montagne, ses top models...

Alors, ca bosse les gars ?

Alors, ca bosse les gars ?

Dans la vallee, dans la...

Dans la vallee, dans la...

Il marche seul. en oubliant les heures...

Il marche seul. en oubliant les heures...

Ah bah ouais, ca bosse le gars.

Ah bah ouais, ca bosse le gars.

Inutile, sans doute, de preciser que la gare la plus proche se trouve a plusieurs heures de la.

Inutile, sans doute, de preciser que la gare la plus proche se trouve a plusieurs heures de la.

Le foyer des jeunes de Karakol

Le foyer des jeunes de Karakol

On a retrouve Monsieur Seguin. Pour toi Philippe.

On a retrouve Monsieur Seguin. Pour toi Philippe.

Photo document : voici pourquoi toute la nourriture, ici, a gout de mouton. Ils prennent le schnaps de la bete et, apres l'avoir decoupe, le trempent vigoureusement dans toutes nos soupes

Photo document : voici pourquoi toute la nourriture, ici, a gout de mouton. Ils prennent le schnaps de la bete et, apres l'avoir decoupe, le trempent vigoureusement dans toutes nos soupes

Et hop, de la bouffe pour l'annee

Et hop, de la bouffe pour l'annee

Ca a quand meme plus de gueule qu'un parking de grande surface francaise un samedi apres-midi de soldes.

Ca a quand meme plus de gueule qu'un parking de grande surface francaise un samedi apres-midi de soldes.

Vladi, present partout

Vladi, present partout

Rest in Peace, petit berger

Rest in Peace, petit berger

Ki ki veut du kumiss ?

Ki ki veut du kumiss ?

Et apres deux heures d'attente, le miracle fut...

Et apres deux heures d'attente, le miracle fut...

C'est ca, bande d'ignares, une Moskvitch

C'est ca, bande d'ignares, une Moskvitch

Ca c'etait quand meme un peu beau

Ca c'etait quand meme un peu beau

Ah le grand Ouest americain !

Ah le grand Ouest americain !

Allez, la derniere de la serie

Allez, la derniere de la serie

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Rédigé par Julie et Matthieu

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Publié le 18 Juin 2013

Jour 116 - Каракол (Kirghizstan)

Lonesome cowboys

"C'était il y a cinq ans..." non loin du village de Kyzart et ses yourtes d'altitude. Deux soeurs kirghiz se rendant jusqu'aux latrines dans l'obscurité se firent sauvagement attaquer par une meute de loups affames. Les fillettes n'eurent jamais l'occasion de finir leur bol de kumiss. "Mais quand arrive l'été, il n'y a presque plus aucun risque", juge bon de préciser notre guide de montagne pour conclure son histoire. "Les loups préfèrent manger les marmottes." Ah. N'empêche que le trajet entre la cabane au fond du jardin et la yourte ne nous a jamais paru aussi long que cette nuit-la, passée a veiller les rives du Song Kol.

Le chemin pour atteindre ce splendide lac d'altitude ne fut pas non plus qu'une partie de plaisir. Avec JD et Faustine, nos deux amis français, nous avions décidé de louer des chevaux et les services de deux jeunes accompagnateurs locaux pour un trek (en même temps qu'un baptême équestre) de quatre jours. Le premier matin, la pluie battante était au rendez-vous. Elle nous a accompagnes pendant cinq heures ; jusqu'à notre première halte chez une famille de bergers ou, tremblotants comme des poules mouillées, nous avons su apprécier a sa juste (et grasse) valeur le bouillon de choux et de mouton. Le lendemain, c'est une neige fournie qui nous attendait au sommet du col d'Ak-Tach. Pas de quoi, toutefois, gâcher la féerie hypnotique des lieux. A 3500 mètres du niveau de la mer, notre caravane noyée dans un épais brouillard, sur un étroit sentier de cailloux pointus se dérobant parfois sous les sabots de nos montures, des vautours de l'Himalaya ont longtemps plane au-dessus de nos capuches.

A poêle de bouses

Puis après avoir franchis torrents et pistes glissantes, nous sommes enfin arrives dans les jailoos (prairies) de Song Kol. La ou, chaque été depuis la nuit des temps, des dizaines de yourtes viennent s'installer pour faire jouir des verts pâturages a leurs troupeaux de ruminants. Nous en avons fait de même, profitant de l'hospitalité (rémunérée) des saisonniers. A l'intérieur, leurs tentes en feutre sont dépouillées de presque tout mobilier. Les parois sont colorées par des tentures murales, tandis que des tapis au sol servent a isoler du froid ambiant. Un poêle alimente en bouses de vaches séchées (il n'y a aucun arbre a cette altitude) permet de garder une température confortable pour les trois générations qui partagent généralement les lieux. Et c'est ainsi que la nuit, écrasés sous des tonnes de couvertures, a peine perturbes par le va et vient des souris, la tete figée vers le shanrak (ouverture ronde dans le toit permettant a l'air et a la lumière de pénétrer sous la tente et a la fumée d'en sortir), des rêves de loups viennent définitivement réchauffer le corps des cavaliers. En somme, LA carte postale du Kirghizistan que nous avions toujours imaginee.

Dans la région, le climat reste aussi hostile que les paysages, paradisiaques. L'air glace et limpide nous a assure parmi les plus beaux ciels étoilés qui puissent être vus. L'accueil des nomades a également été a la hauteur de nos "espérances" de touristes. Pendant ces quelques jours, nous avons pu partager un mode de vie simple et rude bien loin de nos standards occidentaux. Et faire quelques constats, tout aussi "triviaux". Ici, comme ailleurs dans le pays, ce sont bien souvent les femmes qui triment, s'occupent de la traite, de la cuisine, des volailles, du ménage, d'alimenter le poêle... pendant que l'homme boit son thé ou vérifie la selle de son destrier. Nous avons également découvert le rôle de ces chiens, charges d'éloigner les intrus du bétail et qui, pour certains d'entre eux, ne quittent pas d'une canine "leur" propre cheval, qu'il galope, qu'il dorme ou traverse une rivière déchaînée. Nous avons surtout compris, en meme temps que nous enfoncions les portes ouvertes des yourtes, que nos organismes occidentaux sont davantage adaptes au voiture-boulot en climat tempéré qu'au cheval-galop sur les plateaux du Kara Katta : l'un de nous deux a chute deux fois de son bourrin, tandis que l'autre implorait régulièrement le guide de lui laisser finir le chemin a pied. De vrais aventuriers, quoi.

Ca deconne dans les montagnes

Ca deconne dans les montagnes

Le stade olympique de Kochkor

Le stade olympique de Kochkor

Le col blanc

Le col blanc

Le Lucky Luke de Song Kol

Le Lucky Luke de Song Kol

Jailoo

Jailoo

Meme pas posee, la photo

Meme pas posee, la photo

La carte postale du Kirghizistan

La carte postale du Kirghizistan

Le plus dangereux des deux n'est peut-etre pas celui que vous croyez...

Le plus dangereux des deux n'est peut-etre pas celui que vous croyez...

Une bonne yourte : du 60 ans d'age Une bonne yourte : du 60 ans d'age

Une bonne yourte : du 60 ans d'age

C'est flou, mais ya tout.

C'est flou, mais ya tout.

Tu serais pas debout sur mon lit, toi?

Tu serais pas debout sur mon lit, toi?

Ya pas rien la, peut-etre ?

Ya pas rien la, peut-etre ?

La force tranquille, pret a lancer sa monture dans un galop memorable

La force tranquille, pret a lancer sa monture dans un galop memorable

L'arrivee des Indiens

L'arrivee des Indiens

Une derniere pour la route

Une derniere pour la route

Cette fois, c'est la bonne

Cette fois, c'est la bonne

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Rédigé par Julie et Matthieu

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Publié le 8 Juin 2013

Jour 105 - Бишкек (Kirghizistan)

Programme du jour : bonne douche, bon repas, bonne biere, bon dodo. Apres quatre jours de rando dans la montagne (dont la moitie sous une put... de pluie), nous tachons de reprendre du poil de la bete avant de repartir... en rando dans la montagne. Mais a cheval cette fois ! Oui, je sais, ca promet... En attendant, voici deux-trois tofs de ce ptit trek sous les 4000 en compagnie de notre poto Pascal (et accessoirement, d'un paquet de marmottes). NB : on paye une tournee de kurut a celui qui identifiera le charmant volatile capte en quete de son petit dejeuner. La biz les djeunes

Bivouac avant l'orage

Bivouac avant l'orage

Pascal nous avait promis des truites ; on a mange du riz, des pates et du potage.

Pascal nous avait promis des truites ; on a mange du riz, des pates et du potage.

Camper en montagne avec un sac de couchage marque "confort 15 degres" n'est pas toujours une bonne idee

Camper en montagne avec un sac de couchage marque "confort 15 degres" n'est pas toujours une bonne idee

Le grand Blanc derriere fait 4500. Bon, on s'est contente de lui humer les pieds...

Le grand Blanc derriere fait 4500. Bon, on s'est contente de lui humer les pieds...

Un ptit pont (pour toi Hatem)

Un ptit pont (pour toi Hatem)

La superette du coin

La superette du coin

Light my fire (pour toi Ray)

Light my fire (pour toi Ray)

L'animal en question

L'animal en question

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Rédigé par Julie et Matthieu

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